10/05/2007 - Le message de paix de Tatanga Mani
Tatanga Mani ou Walking Buffalo, (1871-1967) allait devenir un messager de la paix pour le gouvernement canadien.
Indien Stoney, il passa ses plus jeunes années à Morley, en Alberta, mais fut bientot adopté par le missionnaire blanc John McDougall.
Il fréquenta l'école des Blancs sans pourtant jamais abandonner " l'étude de la nature".
Bien plus tard, le gouvernement lui demanda de faire un tour du monde comme représentant du peuple indien.
"Les collines sont toujours plus belles que les constructions de pierre. On mène à la ville une existence artificielle. La plupart des gens ne sentent jamais la terre sous leurs pieds, ne voient pas pousser les plantes autrement qu'en pots, et leurs regards ne se portent pas au-delà des lumières de la ville, pour saisir le charme d'un ciel de nuit parsemé d'étoiles. Quand on vit à l'écart des accomplissements du Grand Esprit, on oublie vite ses lois.
Nous étions un peuple sans loi, mais nous étions en très bons termes avec le Grand Esprit, créateur et maître de toute chose. Vous, Blancs, présumiez que nous étions des sauvages. Vous ne compreniez pas nos prières. Vous n’avez pas essayé de les comprendre. Quand nous chantions nos louanges au soleil, à la lune ou au vent, vous disiez que nous adorions des idoles. Sans nous comprendre, vous nous avez condamnés comme des âmes perdues, simplement parce que notre culte était différent du vôtre.
Nous voyons la main du Grand Esprit dans presque tout : soleil, lune, arbres, vent et montagnes. Parfois, nous l’approchions à travers toutes ces choses. Etait-ce si mal ? Je pense que nous croyons sincèrement en l’Etre suprême ; d’une foi plus forte que celle de bien des Blancs qui nous on traités de païens... Les Indiens qui vivent près de la nature et du maître de la nature ne vivent pas dans l’obscurité.
Saviez-vous que les arbres parlent ? Ils le font, cependant. Ils se parlent entre eux et vous parleront si vous écoutez. L’ennui, c’est que les Blancs n’écoutent pas. Ils n’ont jamais appris à écouter les Indiens, aussi je doute qu’ils écoutent les autres voix de la nature. Pourtant, les arbres m’ont beaucoup appris : tantôt sur le temps, tantôt sur les animaux, tantôt sur le Grand Esprit.
Je suis allé à l'école des hommes blancs. J'y ai appris à lire leurs livres de classe, les journaux et la bible. Mais j'ai découvert à temps que cela n'était pas suffisant. Les peuples civilisés dépendent beaucoup trop de la page imprimée. Je me tournai vers le livre du Grand Esprit qui est l'ensemble de sa création. Vous pouvez lire une grande partie de ce livre en étudiant la nature.
Si vous preniez tous vos livres et les étendez sous le soleil, en laissant pendant quelque temps la pluie, la neige et les insectes accomplir leur oeuvre, il n'en restera plus rien. Mais le Grand Esprit nous a fourni la possibilité, à vous et à moi, d'étudier à l'université de la nature les forêts, les rivières, les montagnes, et les animaux dont nous faisons partie."

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